Peugeot 3008 : la stratégie du passe-partout

10 juin
2009

Dans un contexte difficile, notamment pour le réseau, Peugeot lance le 3008, la nouveauté 2009 en attendant le monospace. Feuille de mission d’un modèle – enfin – générateur de marge : faire feu de tout bois en séduisant des clientèles SUV, mais aussi monospaces et berlines. Ce qui lance aussi le chantier de l’harmonisation des frontières entre les différentes gammes, notamment SW, au sein de la marque.

peugeot-3008Autres temps, autres mœurs… Le lancement du 3008 revêt aujourd’hui une très grande importance pour Peugeot. Pour au moins trois bonnes raisons. D’une part, la marque est dans le creux de son cycle produits et le 3008 constitue « Le » lancement de l’année, dans la mesure où le monospace 5008 ne fera son effet qu’en 2010. D’autre part, la marque vient ainsi faire une incursion sur un nouveau segment, ce qui n’est jamais chose aisée, dans le droit fil de la feuille de route stratégique fixée par Christian Streiff pour une meilleure couverture du marché, qui passera donc l’an prochain de 75 à 90 %. Enfin, la crise frappe durement le réseau Peugeot, comme la marque d’ailleurs, qui reconnaît notamment que ses coûts de distribution sont à la hausse, et l’arrivée d’un modèle de gamme supérieure, générateur de marge et susceptible de dynamiser l’image par effet de niche, prend donc plus d’envergure qu’en période faste. Dans ce contexte, Pierre Garnier, directeur marketing de Peugeot France, assure que « la marque a débloqué un budget très significatif pour le lancement du modèle. De toutes façons, il est nécessaire de maintenir les investissements car le marché français se maintient et la concurrence est aiguë. Pour des prévisionnels à plus long terme, il convient cependant de rester prudent car il y a peu de visibilité. Contrairement à d’autres périodes, nous nous projetons plus à quatre mois qu’à un an ».

L’intérêt stylistique du 3008 est dans l’habitacle

Au préalable, deux objections peuvent être posées. Tout d’abord, le style du 3008 n’est-il pas trop timide, sur un segment où ce critère prend toute son importance pour des clients cherchant à se différencier et pas seulement par rapport à d’autres segments ? Keith Ryder y répond en partie (voir encadré), mais sans lever tous les doutes. Conçu « pour se situer à la croisée de plusieurs silhouettes existantes » (pare-brise avancé et position de conduite faisant écho aux monospaces, comportement routier benchmarké sur les berlines, capacités « tout chemin » et accessoires issus de l’univers SUV…), le 3008 peine à trouver un caractère spécifique et son design extérieur n’est guère émotionnel, restant dans les sentiers battus. Quant à la calandre, même si elle n’est pas inappropriée sur ce type de véhicules, on est content de savoir qu’elle ne sera plus systématiquement reprise à l’avenir… En revanche, à l’intérieur, le traitement stylistique est beaucoup plus pertinent, servi par une qualité de finitions d’excellente facture, confirmant ainsi les progrès du groupe en la matière. Le poste de conduite, inspiré du registre aéronautique, décline avec bonheur le thème du cockpit. Abondante, la technologie se révèle très accessible, notamment via des interfaces soignées et pratiques. Une mention particulière peut être décernée au système d’affichage tête haute qui s’exprime sur une lame translucide en polycarbonate. A la fois argument de sécurité et goodie high-tech, le 3008 inaugure ainsi une démocratisation d’une option naguère réservée au Premium. Bref, l’habitacle est une réussite, avec un bel espace aux places arrière, et seul le passager avant peut se sentir un peu oublié… Reste aussi à savoir si les vendeurs auront intégré leur formation pour bien vanter la position de conduite, haute, après l’avoir dénigrée pendant des années… [...]
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